L’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem

Dans la Ville Sainte, le dimanche des Rameaux se déroule en trois parties : la célébration de la messe à Bethphagé le samedi matin ; la célébration et la bénédiction des Rameaux au Saint-Sépulcre le dimanche matin ; et la grande procession dans l’après-midi, sur les pas de Jésus, de Bethphagé à Jérusalem.

La première partie, traditionnellement fêtée par les chrétiens locaux et les pèlerins mais aussi par la communauté catholique indienne, a marqué le terme des pèlerinages de Carême. « Les lectures nous parlent d’annonciation et d’incarnation, cela paraît étrange mais la Semaine Sainte célèbre le même mystère : incarnation et rédemption », a mis en lumière Fr. Ramzi Sidawi, Econome de la Custodie, pendant la célébration de Bethphagé. « Nous faisons mémoire d’un Roi qui vient, briseur de guerre ; un Roi humble, assis sur un âne qui vient pour donner paix et vie ». Fr. Ramzi a voulu relier la joie des disciples au moment de l’entrée à Jérusalem, avec la peur et le découragement qui les affectent juste après, en rappelant que Jésus a dit « si eux se taisent, les pierres crieront ! » (Lc 19, 40). « Nous sommes invités à nous immerger dans le mystère de la rédemption, à faire parler les pierres qui sont en nous. Voilà l’invitation pour la vie : témoigner du Roi, vivre et annoncer le règne en nos cœurs et être des instruments de paix ». 

La célébration du dimanche matin a été présidée par Mgr Pierbattista Pizzaballa, Administrateur Apostolique du Patriarcat Latin de Jérusalem, qui a béni les Rameaux dans l’Édicule du Saint-Sépulcre.
La messe pontificale a été célébrée juste après devant l’édicule. L’émotion était palpable, tout comme le recueillement des fidèles touchés non seulement par la fête mais aussi par le lieu de la célébration. « Je n’arrive pas à croire que je suis ici» a dit Maria, une pèlerine ukrainienne « pour nous, ce lieu signifie beaucoup et être ici en ce jour, c’est vraiment une grâce ». 

La traditionnelle procession de Bethphagé a commencé à Jérusalem en début d’après-midi, par un vent chaud, le Khamsin, qui a adouci la température. C’est l’un des moments les plus importants pour la vie publique des chrétiens en Terre Sainte. Comme chaque année, de nombreux groupes y ont participé et ont animé la procession avec joie et enthousiasme. Des chrétiens locaux (Israéliens et Palestiniens), des groupes du monde entier (Polonais, Français, Italiens, Espagnols, Asiatiques, Africains et Américains) étaient présents pour parcourir le trajet qui a conduit Jésus vers la Ville Sainte. « Marcher dans les pas de Jésus, c’est ce que nous sommes appelés à faire chaque jour, en tant que chrétiens » a dit avec émotion Anita, pèlerine italienne. Et c’est précisément dans ces pas que l’Église a marché ces jours-ci. À la fin de la procession, une jeune de Bethléem a pris la parole pour raconter son expérience aux Journées Mondiales de la Jeunesse au Panama, et a ainsi introduit le discours final de l’Administrateur Apostolique.

« Ce que nous avons vécu aujourd’hui - amour, fraternité, fierté et joie d’être chrétiens, et cette unité profonde - tout cela ne vient pas de nous-mêmes, mais de Jésus » a observé Mgr Pizzaballa. « Nous, autorités des Églises, nous devrions apprendre de journées comme celle-ci. Malgré nos énormes souffrances quotidiennes, continuons à être des images de la Résurrection du Christ ».

Giovanni Malaspina