Gethsémani

getsemani

Gethsémani est le terme utilisé par les évangélistes Marc et Matthieu pour désigner le lieu dans lequel se rendit Jésus le soir du dernier Repas. Le mot provient de l’araméen gat Semãnê, généralement traduit par « pressoir pour l’huile ». Pour saint Jérôme, le nom biblique de Gethsémani est à associer à « vallis pinguendinum », à savoir « vallée de l’abondance » et met ainsi l’accent sur la fertilité du lieu qui devait être caractérisé par la présence de nombreux et de nombreuses vignes.

De nos jours, le terme Gethsémani renvoie à trois lieux, conservés par les Franciscains et qui rappellent l’agonie et l’arrestation de Jésus la nuit où il fut trahi.

 

Le Mont des Oliviers

ILe « Mont des Oliviers » (808 m) qui s’élève à l’est de Jérusalem sépare la Ville Sainte du désert de Juda, lequel commence ici sa descente en direction de la Mer Morte.
La vallée du torrent Cédron, encerclant Jérusalem à l’est, sépare le Mont de la ville et du Mont Sion situé à proximité, plus au sud, le point de départ du cheminement de Jésus qui, après le dernier Repas, traversa la Vallée avant de rejoindre le Gethsémani.
En dirigeant le regard vers le nord, au-delà du Mont des Oliviers, se dresse le Mont Scopus (820 m), là où se trouve aujourd’hui l’Université Juive. Le sommet du Mont des Oliviers offre un magnifique panorama sur toute la Ville Sainte.

Le oliviers qui poussent depuis des millénaires sur les pentes du Mont sont à l’origine de l’appellation encore utilisée de nos jours. Les Juifs le connaissent également sous le nom « Mont de l’Onction » car l’huile produite par ses arbres servait à oindre les rois et les Grands Prêtres. À partir du XIIème siècle, les arabes l’appelèrent « Djebel et Tur », vocable d’origine araméenne qui signifie « mont par excellence » ou « mont Saint » ; désormais, il s’appelle tout simplement « et-Tur ».

Le Mont comprend trois sommets à partir desquels descendent des chemins raides menant jusqu’à la vallée : du nord au sud, on trouve « Karmas-Sayyad » (vigne du chasseur) s’élevant à 818 m d’altitude ; au centre, se dresse « Djebel et Tur » (mont Saint) à 808 m d’altitude ; au sud-ouest, après la route qui part de Jérusalem pour arriver à Jéricho, on trouve « Djebel Beten al Hawa » (ventre du vent), également appelée montagne du Scandale, à 713 m d’altitude.

Le mont a joué un rôle de premier plan dans l’histoire des Juifs. La Bible nous raconte que le roi David sortit de la ville, nu-pieds et gémissant, pour gravir le Mont des Oliviers et échapper ainsi à son fils Absalom qui conspirait contre lui (2 S 15,30) ; le roi Josias détruisit les « hauts-lieux » construits par le roi Salomon sur le Mont pour adorer les divinités de ses femmes étrangères (1R 11,7 ; 2R 23,13).

Après la première destruction du Temple de Jérusalem, cette montagne devint le lieu de pèlerinage des Juifs car, selon la tradition, la Gloire du Dieu d’Israël s'éleva au-dessus de la ville et s'arrêta sur la montagne située à l'est de la ville. (cf. Ez 11,23).

Pendant la période du Second Temple, les feux allumés au sommet de la montagne annonçaient aux Juifs vivant hors d’Israël l’arrivée de la nouvelle lune indiquant le nouvel an religieux : une série de lumières allumées sur les hauteurs permettaient de répandre la nouvelle jusqu’à Babylone (Mishna, Rosh Hachana 2,4). La génisse rousse fut également brûlée sur le Mont des Oliviers : ses cendres, mélangée avec l’eau issue de la fonte du Gihon, servait à purifier toute personne devenue impure après avoir été en contact avec les défunts (Mishna, Para 3,6-7).

À partir de l’invasion des troupes de David (Xème siècle av. J-C environ), de nombreux israélites choisirent d’être enterrés sur le Mont. D’après les déclarations des prophètes, le Mont sera le lieu choisi par Dieu pour le Jour du Jugement et la résurrection des hommes invoquant le nom du Seigneur (Jl 3,4-5), lorsque toutes les nations descendront dans la Vallée de Josaphat (Vallée du Cédron) (Jl 4,2) et le Seigneur posera ses pieds et fendra par le milieu la montagne des Oliviers (Za 14,4). Depuis cette époque, a été attribuée au Mont des Oliviers une véritable tradition funéraire. À partir du XVème siècle, l’immense cimetière juif, qui s’étend aujourd’hui sur une bonne partie des pentes de la montagne, commença à accueillir de nouvelles tombes de Juifs.

Le Mont des Oliviers était un passage obligé pour une personne comme Jésus, invité de Lazare et des sœurs Marthe et Marie, devant aller de Béthanie à Jérusalem : le Mont se trouvait à la distance d’un « chemin de sabbat » de la ville, à savoir le nombre de pas autorisés par la loi judéenne le jour du samedi (Ac 1,12).
Non loin de Bethfagé et du village de Béthanie, sur le dos d’un ânon, Jésus commença son entrée en tant que Messie dans la ville Sainte, accueilli par une foule en fête (Mc 11, 1-11).
L’évangéliste Luc insiste plus particulièrement sur le fait que Jésus se rendait souvent au Mont des Oliviers où il se retirait pour y passer la nuit ou pour faire part de son enseignement à ses disciples (Lu, 22,39).

La présence assidue de Jésus sur le Mont rend ce lieu particulièrement important pour la communauté chrétienne. En commémoration de son passage sur le Mont des Oliviers, de nombreux lieux de culte furent bâtis sur les sommets et les pentes du Mont dès les premiers siècles de l’ère chrétienne, lesquels furent détruits à de nombreuses reprises et remplacés par des églises construites au cours du vingtième siècle.

Le Mont des Oliviers est parsemé de lieux et édifices rendant hommage à la vie de Jésus et plus particulièrement à :

  • l’enseignement du Notre Père : Éléona ou Grotte du Pater
  • les lamentations de Jésus sur Jérusalem : Dominus Flevit
  • les acclamations du peuple à son arrivée dans la Ville Sainte, assis sur le dos d’un ânon : Sanctuaire de Bethfagé,
  • la prière qu’il fit dans le Jardin de Gethsémani avant d’être arrêté : Basilique, Jardin des Oliviers et Grotte de Gethsémani,
  • sa montée au Ciel réalisée au sommet du mont : le Dôme de l’Ascension.

Enfin, aux pieds du Mont, on trouve deux autres lieux de commémoration jérusalémite étroitement liés à aux origines de l’Église : l’ancienne Tombe de Marie, accréditée par la version syriaque de l’ouvrage « Transitus B.M. Virginis » datant du IIème siècle après J-C et l’Église de Saint Stéphane, construite récemment en mémoire du martyr du premier évêque de Jérusalem, lapidé et enterré selon une vieille tradition à côté d’un rocher sur ce lieu.


La Grotte de Gethsémani

La Grotte de Gethsémani se trouve aux pieds du Mont des Oliviers et à côté de la Tombe de Marie. À l’intérieur, ont été conservés non seulement des traces de vénération laissées par le passage des pèlerins, liés à la mémoire de la passion de Jésus, mais également des traces de l’utilisation de la grotte pour une agriculture primitive ayant probablement abrité un pressoir pour l’huile. Les pèlerins qui la visitèrent entre le IVème et le VIème siècle ap. J-C associèrent la Grotte au lieu de la trahison de Judas et à l’arrestation de Jésus. Après la destruction de la basilique croisée du Gethsémani, la Grotte devint le lieu rappelant les trois prières de Jésus tandis que les « Rochers des Apôtres », se trouvant sur les ruines de la basilique croisée, fut associée à l’arrestation de Jésus. Aujourd’hui, avec la restauration des lieux sacrés, elle est de nouveau le lieu commémorant la trahison de Judas et l’arrestation de Jésus.

 

 

Le Jardin des Oliviers

Le Jardin des Oliviers, appelé ainsi par l’évangéliste Jean abrite selon la tradition des Oliviers âgés de plusieurs centaines d’années qui assistèrent à l’agonie de Jésus. Cette parcelle de terre, appartenant aux Frères Franciscains depuis 1681, abrite en effet les oliviers les plus anciens du monde ainsi que d’autres oliviers qui furent ajoutés au cours du siècle dernier. Ces arbres firent l’objet de récentes études confirmant une longévité de plus de huit siècles, attestant de leur présence lors de la construction de la basilique croisée et sont tous issus du même arbre, encore plus ancien et probablement témoin de la prière de Jésus dans le Jardin.

 

 

 

La Basilique de l’Agonie

La Basilique de l’Agonie, connue également sous l’appellation Basilique de Toutes-les-Nations, mais généralement appelée Gethsémani, est le sanctuaire abritant la pierre restée intacte et rappelant l’Agonie de Jésus. L’édifice moderne, consacré en 1984, a été construit par un grand maître, l’architecte Antonio Barluzzi ; le périmètre de la plus ancienne église byzantine qui fut découverte lors des travaux de construction du nouveau sanctuaire, a été parfaitement conservé. En effet, la basilique actuelle se dresse là où deux églises plus anciennes furent détruites, celle ordonnée par Théodose et celle construite par les croisés et dédié à Saint Sauveur.

Le Gethsémani dans les sources historiques

Les lieux rappelant l’agonie et l’arrestation de Jésus sont commémorés depuis plusieurs millénaires.

Dans son Onomasticon des Lieux Bibliques, Eusèbe de Césarée mentionne le Gethsémani en écrivant qu’il se trouvait aux pieds du Mont des Oliviers, « là où les fidèles se précipitent aujourd’hui pour prier ».

Ainsi, à la fin du IIIème siècle ap. J-C, le lieu était déjà fréquenté par des chrétiens et faisait l’objet de dévotions particulières, notamment rappelées par le Pèlerin anonyme de Bordeaux en 333 et de Saint Cyrille en 350.

La pèlerine Égérie, à la fin du IVème siècle, fut la première personne à mentionner la nouvelle église bâtie sur les pentes du Mont des Oliviers, là où Jésus se réfugia pour prier avant sa Passion. Il s’agit d’une église « élégante », d’après la description retrouvée dans le journal de la femme. Elle nous raconte également que des liturgies étaient célébrées le long du Mont dès l’après-midi du Jeudi Saint : après avoir passé toute la nuit à prier, le Vendredi à l’aube la foule de fidèles descendit en direction du Gethsémani pour entendre, à la lumière des torches, la lecture du passage évangélique de l’arrestation de Jésus.

Les témoignages datant du IVème siècle permettent de dater la construction de l’édifice sacré au règne de Théodose Ier (379-395 ap. J-C). Les annales d’Eutychius, patriarche de Jérusalem, écrits au Xème siècle, confirment que la construction de l’église avait été ordonnée par Théodose et nous offrent un éclairage sur sa destruction causée par le perse Khosro II qui arriva à Jérusalem en 614 pour démolir la plupart des églises et couvents. Les fouilles qui mirent au jour les ruines de l’église byzantine nous montrent comment l’édifice fut victime d’un incendie, probablement à l’origine de sa disparition en 614.

Nous ne pouvons qu’émettre des hypothèses sur l’état dans lequel se trouvaient les ruines avant l’époque des Croisades. La pratique d’un culte sur ce lieu saint se poursuivit, comme en témoigna le Lectionnaire géorgien du VII-VIIIème siècle. Les Chroniques de Théophane le Confesseur (758-818 environ) rappellent que le Calife Abd al-Malik (685-705) voulait s’emparer les colonnes de l’église du Gethsémani pour les utiliser pour la réalisation de la mosquée de la Mecque qui était à l’époque en cours de construction ; mais l’intervention d’un noble chrétien l’en dissuada.

Dans la Vie de Saint Sabas, Cyrille de Scythopolis nous donne quelques informations ; il y évoque le « Saint Gethsémani » et l’orfèvre Romulus qui en était l’archidiacre en 532. Deux siècles plus tard, Saint Willibald mentionne également dans son journal de voyage l’existence d’une église. Si celle-ci existait bel et bien, elle devait probablement se trouver dans un état de ruines.

 

De nouvelles informations nous sont ensuite arrivées au XIIème siècle, à l’époque des Croisades par Saewulf (1102), l’abbé ukrainien Daniel (1106) et l’anonyme des « Gesta Francorum » (1100 environ) parlent d’un oratoire situé au Gethsémani et érigé en la mémoire du Saint Sauveur.

La reconstruction croisée de l’église eut lieu au début de la seconde moitié du XIIème siècle. La première chose que firent les Croisés a été de construire, dans la vallée de Josaphat, l’abbaye de Sainte-Marie au-dessus de la tombe de la Vierge Marie. La riche abbaye, la construction de laquelle Godefroy de Bouillon confia aux Bénédictins, était pourvue d’un couvent et d’un hôpital.
De même, la grotte rocheuse située à côté de la Tombe de Marie et décrite par l’abbé Daniel en 1106 comme la grotte dans laquelle Jésus fut livré par Judas pour 30 pièces, fut transformée en chapelle par les croisés et recouverte de fresques représentant un ciel étoilé et des scènes de l’Évangile.

Sur le lieu de l’oratoire du Saint Sauveur, en 1165, Jean de Würzburg raconte avoir trouvé une nouvelle église dédiée au Sauveur ainsi que les trois rochers distincts commémorant les trois prières que fit Jésus dans le Jardin. En 1172, le pèlerin Théodoric raconte que les architectes croisés étaient occupés à construire l’église du Sauveur. Celle-ci devint le siège spirituel de la Confrérie de la Charité, ordre né pour assister les pèlerins et collecter des fonds pour l’Hôpital de Sainte-Marie de la Vallée de Josaphat.

Une partie de l’église dédiée au Sauveur fut rapidement détruite par les armées de Saladin qui détruisirent en 1187 l’abbaye construite sur la Tombe de la Vierge comme le raconte Rodolphe, abbé cistercien anglais : seule l’église inférieure de Sainte-Marie fut épargnée dans la Vallée Josaphat grâce à la dévotion islamique manifestée à l’égard de la mère du prophète Jésus. Grâce à des travaux de restauration, dont on est venus à connaissance au moyen de fouilles archéologiques, l’église dédiée au Sauveur continua d’exister bien que dépourvue de toute sa richesse. Pour toute la durée du royaume latin de Jérusalem et pendant la période qui suivit, l’église resta un lieu de pèlerinage jusqu’au dernier témoignage en 1323 d’un fidèle originaire de Catalogne. Cette date marque le début de la vénération du rocher que l’on aperçoit derrière la Basilique et connu sous le nom de « Rocher des Apôtres » pour rappeler l’endroit où les disciples s’endormirent pendant que Jésus traversait sa période d’agonie. 

L’église croisée et l’église byzantine du Gethsémani

Lors de l’automne 1891, le hasard a mené à la découverte de murs d’une abside et de certains fragments de mosaïque aux tesselles grossières, à proximité des terres proches du Jardin des Oliviers.

Les fouilles systématiques ont pu commencer au mois de mars de l’année 1909. Elles furent supervisées sur place par le frère Luc Thonessen. Les résultats des fouilles confirmèrent au Père Orfali, le précurseur de l’archéologie franciscaine en Terre Sainte, qu’il se trouvait face aux ruines de l’église du XIIème siècle, construite sur le lieu que la tradition attribue à l’« Agonie » et mentionnée dans les sources médiévales comme l’église du « Sauveur » ou de la « Prière du Sauveur ».

Par la suite, l’architecte Antonio Barluzzi, chargé des travaux de construction de l’église moderne du Gethsémani, se mit à creuser les fondations du nouvel édifice et fit une découverte absolument extraordinaire : à environ deux mètres au-dessous du niveau de l’église médiévale, se trouvaient les ruines d’un édifice encore plus ancien.

Il s’agissait de l’église du Gethsémani, celle décrite par Égérie et qu’elle définissait d’« élégante », construite à l’époque byzantine. Barluzzi suggéra donc à la Custodie de Terre Sainte de concevoir une nouvelle Basilique en prenant modèle sur l’église du Gethsémani retrouvée, ce qui fut chose faite.

L’acquisition de la terre de l’Agonie et du Jardin des huit Oliviers

L’actuelle propriété franciscaine du Gethsémani est l’une des acquisitions réalisées par la Custodie à partir du XVIIème siècle.

Avant la conduite de fouilles archéologiques et avant que la Basilique ne fut construite, le domaine du Gethsémani était caractérisé par une portion de terrain sur laquelle poussaient les anciens Oliviers tandis que les autres portions étaient décharnées et recouvertes des ruines de l’église croisée détruite. Une colonne retrouvée sur les ruines de l’abside croisée était particulièrement vénérée par les pèlerins : les Latins l’appelaient le « Baiser de Judas » tandis que pour les populations orientales, elle était connue sous le nom de « Pater Noster » (Notre Père), rappelant la prière que Jésus fit dans le Jardin. À proximité de la colonne, on trouve un rocher appelé « Rocher des Apôtres » qui selon la tradition aurait été la pierre restée intacte et sur laquelle se sont endormis les Apôtres lorsque Jésus, non loin de là, se mit à prier.

L’acquisition de la zone du Gethsémani qui comprend également l’espace vert de l’autre côté de la route, le long de la Vallée du Cédron, se fit à l’issue d’un processus long et complexe qui peut se résumer en 29 dates courant du 9 novembre 1661 au mois de mars de l’année 1905, lorsque pour 57 milles francs les Arméniens cédèrent également le terrain situé au sud du Jardin. Les biens appartenant à la Custodie, conservés tant au sein de la Grotte, devenue propriété des Franciscains en 1361, que du Jardin de Gethsémani furent mentionnés pour la première fois sur les registres impériaux ottomans le 14 décembre 1903.

 

L’acquisition du Jardin des Oliviers est véritablement unique : elle a pu être réalisée grâce à une donation effectuée par deux frères nobles et catholiques, Paolo et Giacobbe Grancovich, originaires d’Olovo, à proximité de Sarajevo. Ces derniers nous ont permis de faire l’acquisition de 18 « chirati » (parcelles de terrain) sur 24. Le Jardin appartenait à plusieurs propriétaires mais était géré par le wakf de l’école de Salahie, une fondation religieuse islamique située au sein de l’Église de Saint-Anne proche de la porte de Saint Stéphane et pour laquelle à partir de 1662, les Franciscains devaient payer une taxe éviter que d’autres personnes n’achètent les terrains frontaliers. En tant que citoyens de l’Empire Ottoman, les deux frères pouvaient être les acteurs de la transaction, achetant le Jardin pour la somme définitive de 200 plaques même si le document délivré lors de l’acquisition n’en mentionne que 90.

Une fois la propriété achetée, afin de protéger les oliviers qui datèrent de l’époque de Jésus selon la tradition, en 1868 les Franciscains décidèrent de remplacer le muret d’enceinte d’un mètre de hauteur environ par un mur plus haut qui fut par la suite complètement reconstruit en 1959.

La réalisation difficile du premier mur est décrite dans la chronique du Père Camillo da Rutigliano, Secrétaire de la Terre Sainte de l’époque.

En 1872, furent installées, autour du mur et à l’intérieur de niches, 14 tablettes en terre cuite fabriquées à Naples et représentant les Stations du Chemin de Croix. La même année, fut construite une pièce destinée à accueillir le Franciscain chargé de la conservation du lieu et des huit oliviers. En 1879, fut accrochée sur la porte du Jardin un bas-relief de Jésus-Christ priant parmi les Oliviers, réalisé par un artiste vénitien, Giovanni Torretti. Le chef-d’œuvre fit l’objet d’une donation de la famille vénitienne Paolucci au Custode de l’époque, P. Cipriano.

Grâce également à l’exposition de ces œuvres et dans l’attente de la reconstruction de la basilique, le Gethsémani devint une valeur sure de la Custodie assurant à ce lieu la vénération des pèlerins pour les siècles à venir.

L'église moderne

On reconnaît au Custode Ferdinando Diotallevi (1918-1924) de nombreuses réalisations dont la construction des deux Basiliques du Gethsémani et du mont Tabor. Plus particulièrement, la construction du Gethsémani vit la participation de personnalités issues du monde religieux et politique et œuvrant sur les terres de la Palestine au début du XXème siècle.

En 1891, la découverte des anciennes ruines croisées de l’église du Sauveur au Getsémani fut à l’origine du projet de construction d’une nouvelle basilique. Le projet de reconstruction initial allait rapidement être stoppé en raison de la présence, à l’intérieur de la propriété franciscaine, de la colonne du « Baiser de Judas », raison pour laquelle les orthodoxes, Grecs et Arméniens, refusèrent de céder leur droit de passage, qui permettaient aux chrétiens orientaux de se rendre et de prier dans le lieu sacré construit en commémoration de la prière de Jésus dans le Jardin.
Après que les Tsars aient retiré leur soutien aux Grecs, la Custodie fut confrontée à d’autres obstacles. L’un des premiers fut la volonté de l’archevêque de Toulouse, Mgr Jean-Augustin Germain, de construire sur le Mont des Oliviers un grand « Temple National Français » dédié au Sacré-Cœur de Jésus. Conseillé par la Propaganda Fide, le Custode Diotallevi écrivit à l’archevêque de Toulouse pour le convaincre de renoncer à la construction de la basilique du Sacré-Cœur et pour lui proposer de soutenir la reconstruction de la basilique du Gethsémani des Franciscains.

Entre-temps, le Custodie effectua toutes les opérations nécessaires pour lancer le projet : elle donna à l’ingénieur de Rome, Antonio Barluzzi, l’ordre de dessiner la nouvelle basilique et réussit sans problèmes à obtenir l’accord des Grecs pour le déplacement de la colonne du « Baiser de Judas » hors des fondations de l’église médiévale. Malgré la situation financière difficile dans laquelle se trouvait la Custodie à l’époque, le Ministre général de l’Ordre, Serafino Cimino, rassura Diotallevi qu’il obtiendrait les fonds nécessaires pour la réalisation des nouveaux Sanctuaires.

Le 17 octobre 1919, le cardinal Filippo Giustini, protecteur de l’Ordre des Frères Mineurs et légat apostolique en Palestine posa la première pierre du nouveau sanctuaire du Gethsémani, à l’occasion des sept cent ans de la fondation de la Custodie de Terre Sainte.
Malgré le soutien du Pape Benoît XVI, l’archevêque Germain de Toulouse ne renonça pas à son projet de construire une église sur le mont des Oliviers.
L’État Français avait reçu, sous forme de donation, le terrain conservant les ruines probables de la basilique constantinienne d’Éléona, l’actuel Pater Noster ; c’est là que devait se dresser la grande église dont les premières pierres furent posées le 2 janvier 1920. Les britanniques, puissance mandataire en Palestine, ne pouvait voir que d’un mauvais œil cette action des Français qui insistaient sur la suprématie du protectorat français en Palestine. La construction, fortement contestée, ne pouvait quoiqu’il en soit être menée à bien : sept ans plus tard, les travaux furent définitivement arrêtés pour manque de fonds.

Le gouverneur anglais de Jérusalem, Ronald Storrs, n’apporta pas son soutien au projet franciscain pour des raisons liées à sa religion protestante et à ses goûts esthétiques.
De même, le Haut-Commissaire Herbert Samuel fit part de son opposition au projet et fit interrompre les travaux par une ordonnance datée du 19 juillet 1920. Entre-temps, la découverte extraordinaire de « fondations intégrales » de l’église datant de la deuxième moitié du IVème siècle, vue par Égérie et détruite par les Perses, permit à la Custodie de garder espoir quant à la réalisation effective des travaux. Le professeur John Garstang, directeur du Département palestinien pour les Antiquités, fit part de son avis favorable quant à la réalisation des fouilles.

Cette découverte suscita une grande agitation chez les Grecs : en octobre 1920, suite à la réalisation d’une ouverture dans le mur encerclant la propriété franciscaine du Gethsémani, ces derniers firent appel au Gouvernement mandataire et manifestèrent leur opposition par de violents affrontements. Les travaux furent interrompus et la médiation maladroite du patriarche latin Barkassina ne fut pas d’une grande aide. Les Grecs allèrent jusqu’à revendiquer des droits de propriété sur le Gethsémani et sur la future basilique.

 

Grâce aux actions diplomatiques du Custode, les travaux au Gethsémani reprirent un mois plus tard. La construction d’une enceinte murale et l’ouverture de la nouvelle porte provoqua à nouveau une certaine agitation chez les Grecs qui, cette fois-ci, s’armèrent de bâtons et se dirigèrent vers le Gethsémani pour détruire tout ce qui avait déjà été construit dans l’objectif d’occuper les terrains. Après plusieurs heures de tension, un accord fut trouvé et permit aux Franciscains de poursuivre les fouilles sous la direction du Département pour les Antiquités. Les obstacles se dissipèrent peu à peu y compris en raison des divisions internes des Grecs qui, à cette époque n’étaient pas tous unis derrière le patriarche Damianos, considéré trop conciliant à l’égard des Britanniques et des Franciscains pour ce qui est de l’affaire du Gethsémani.

Les permis de construire pour le nouveau projet de Basilique conçu par Barluzzi arrivèrent seulement le 6 janvier 1922 et permirent de déplacer la colonne du « Baiser de Judas » sur le mur à l’extérieur de la propriété franciscaine de sorte à ce que les fidèles orthodoxes puissent la vénérer. L’année suivante, toute servitude et droit revendiqué sur les propriétés franciscaines par les Grecs fut abandonné par un accord bilatéral.

Enfin, grâce à la naissance de la revue Terra Santa qui répandit la bonne cause du Gethsémani, de nombreux pays catholiques apportèrent leur soutien financier, raison pour laquelle l’église s’appelle également « Église Toutes-les-Nations ».

Grâce à la rapidité à laquelle quatre-cent ouvriers se mirent au travail, le Gethsémani fut inauguré le 15 juin 1924 en présence de nombreuses autorités ecclésiastiques et civiles. Par ailleurs, afin de permettre au Custode Diotallevi d’officier lors de l’inauguration des basiliques du Gethsémani et du Tabor, le mandat de ce dernier fut rallongé de six mois s’ajoutant au six mois de mandat déjà exercés.

Prise de possession de la Tombe de Marie et de la Grotte de la Trahison

 

Un firman de 1636 déclare que les Franciscains possédaient la Tombe de Marie depuis toujours. En effet, en 1361 et 1363, qu’il s’agisse de la Reine Jeanne Ière de Naples ou de Pierre IV d’Aragon, ces derniers s’empressèrent de consulter le sultan Mamelouk d’Égypte pour faire obtenir la Tombe de Marie aux Franciscains. Leur intervention fut une réussite : les Statuts de la Terre Sainte disposent que les Frères officient chaque samedi la Sainte Messe auprès de la Tombe de la Vierge, célébrations mentionnées également en 1384 par le pèlerin italien Giorgio di Guccio Gucci.

La prise de possession de la tombe de Marie et le droit des Franciscains à pouvoir célébrer quotidiennement la Messe, fut répétée dans les décrets des sultans ottomans jusqu’en 1847 mais fut définitivement annulée peu d’années après par un firman de 1853 étant donné que, de fait, les frères ne pouvaient plus officier en ce lieu.

En effet, en 1757, de nombreux sanctuaires furent pris d’assaut par les Grecs Orthodoxes et notamment la Tombe de Marie qui ne fut plus jamais restituée. Cet événement limita la présence des Franciscains sur le lieu et l’intervention de la Russie, en faveur des Grecs Orthodoxes, empêcha aux Franciscains de rétablir leurs droits.

Aujourd’hui, la Tombe de la Vierge est conservée par les orthodoxes Grecs et Arméniens et constitue avec Bethléem, le Saint-Sépulcre et l’Ascension, le quatrième Lieu Saint régi par le Statu Quo. Le Statu Quo a décrété que les Franciscains peuvent s’y rendre seulement une fois par an, solennellement en procession, pour la fête de l’Assomption de la Vierge Marie, le 15 août.

Contrairement à la Tombe de Marie, la Grotte de la Trahison, située à droite de l’entrée de la Tombe, est restée aux Franciscains. Tout comme pour la Tombe, la présence des frères remonte au XIVème siècle. En 1803, ces derniers obtinrent l’accord du sultan Selim III pour placer une porte à l’entrée et posséder la clé correspondante. Cette porte permit d’assurer la conservation du lieu de prière.

Les fouilles à la Grotte du Gethsémani

 

octobre 1956 - mars 1957

Après les violentes inondations du 23 novembre 1955, la Custodie de Terre Sainte commença les travaux de restauration de la Grotte de la Trahison, l’occasion pour le père Virgilio Corbo d’étudier l’environnement et de réaliser des découvertes intéressantes. Les recherches, publiées en 1965, ont offert un éclairage sur les nombreuses transformations subies.

À l’époque de Jésus, le paysage du Mont des Oliviers présentait de nombreuses grottes naturelles si l’on considère également que la Tombe de la Vierge, située à côté, était à l’origine une grotte.

Le premier accès à la grotte était situé sur la paroi nord, à droite de l’accès actuel. L’intérieur était constitué au centre de l’actuel environnement, relié à l’espace où se trouve aujourd’hui l’autel, et d’une deuxième grotte situé au sud, rouverte à l’occasion des travaux. La voûte était soutenue par quatre piliers de roche naturelle, dont trois ont été conservés.

La grotte était pourvue d’un réservoir d’eau : une citerne située à l’angle nord-ouest, à droite de l’actuel entrée qui était reliée à un bac plus petit où les eaux étaient acheminées par un système de rigoles, puis, après décantation, elles étaient recueillies dans la citerne.

D’après le père Corbo, la dépression située à l’est, là où se trouve actuellement l’autel, comprenait un pressoir pour l’huile. Une cavité dans la paroi, qu’il est encore possible d’observer, aurait servi de logement pour le bras du pressoir. Par ailleurs, l’eau contenue à l’intérieur de la grotte aurait servi à détremper l’huile pour faciliter son écoulement jusqu’aux zones de récupération. Toutefois, les dimensions réduites de l’environnement mettent en doute cette hypothèse.

Il est probable qu’à partir du IVème siècle, la grotte fut transformée en église rupestre et prit rapidement la fonction de cimetière. Une espèce de pourtour de chœur fut réalisé le long des parois sud et ouest et la lumière passait au travers d’une lucarne. À la fin du IVème siècle, la construction de l’église de la Tombe de Marie bloqua l’accès originaire et ce dernier fut donc déplacé vers le nord-ouest.

À partir du Vème siècle, de nombreuses tombes furent réalisées à l’intérieur de la grotte. Les parois de la citerne furent également creusées pour la construction de tombes à arcosolium et le sol fut divisé au moyen des murets, dans plusieurs niches mortuaires et recouverts de mosaïques portant une inscription, qu’il est possible d’observer à droite de l’entrée actuelle, dont on peut encore lire les deux mots d’une invocation en grec « KE ANAPUS(ON) », « Donnez-leur, Seigneur, le repos éternel ».

La nécropole réalisée en découpant le sol en mosaïque de tesselles blanches, était constituée de 42 sépultures remontant à la période allant de l’époque byzantine à l’époque des Croisades, avec quelques tombes datant des époques qui suivirent. Les travaux ont permis de découvrir de nombreuses inscriptions funéraires, dont certaines furent gravées en grec et d’autres en caractères coufiques. Le seul espace ne comprenant pas de tombes est le presbyterium, où se trouve aujourd’hui l’autel. La grotte abrite une multitude de graffitis laissés par les fidèles sur la voûte de la grotte, à l’époque byzantine.

Lors de la période des Croisades, la grotte a été embellie grâce à des peintures réalisées sur la voûte, dont on peut encore apercevoir des morceaux d’étoiles et du cycle évangélique sur lequel ont été aussi peints des versets de l’Évangile. Les nombreuses inondations et l’insouciance ont particulièrement endommagé les enduits. Les descriptions faites par le pèlerin Jean de Würzburg et les études iconographiques suggèrent que le thème du cycle pictural du presbyterium, dont on aperçoit seulement quelques traits ayant autrefois représenté des vêtements, des auréoles et une aile d’ange, était composé de trois scènes : la prière du Christ dans le Jardin, le Christ avec les apôtres et l’Ange consolant le Sauveur.

Une récente restauration de la voûte, réalisée à l’occasion du Jubilé de l’an 2000, a permis de nettoyer les enduits sur lesquels il est maintenant possible d’observer, au-dessus des peintures, de nombreux graffitis laissés par les pèlerins pendant et après l’époque des Croisades.

L’entrée actuelle a été modifiée mais reste quasiment identique à celle ouverte en 1655 entre les deux murs de soutènement des terrasses situées au-dessus.

Le Jardin des Oliviers

Les personnes visitant la première fois la Terre Sainte pensent généralement que le Jardin des Oliviers est un immense morceau de terrain riche en plantes et fleurs, immergé dans une nature tranquille, loin du chaos de la Ville Sainte. Même s’il est vrai qu’à l’époque de Jésus, une part importante du Mont des Oliviers devait être recouverte de plantes et de cultures, aujourd’hui, le jardin a quelque peu changé. Cependant, le petit bout de terre sur lequel repose les rares oliviers centenaires, est resté l’un des cadres naturels les plus proches de la Jérusalem qui existait deux mille ans auparavant. 

Jésus avait pour habitude de se retirer sur ces terres pour y passer la nuit et pour prier. Le jeudi soir de la dernière Cène et avant son arrestation, Jésus se rendit sur le mont des Oliviers en compagnie de ses disciples. Les évangiles synoptiques nous racontent que ce fut à cet endroit précis que Jésus ressentit l’angoisse la plus profonde, décidant de s’en remettre définitivement à la volonté du Père.

Le Jardin des Oliviers se trouve à l’ouest de la vallée du Cédron, au croisement entre le sentier qui monte jusqu’à l’église Dominus Flevit et la Jericho Road, une route de Grand Passage. Placé à l’entrée du sanctuaire du Gethsémani, le jardin occupe une superficie d’environ 1 200 m2. Une grille permet aux pèlerins de se promener autour des oliviers centenaires et de protéger ces derniers du nombre important de visiteurs.
À côté des huit oliviers les plus anciens, ont été plantés de nouveaux oliviers qui ont remplacé les cyprès et les fleurs qui, au dix-neuvième siècle, étaient utilisées pour orner le Saint-Sépulcre.

 

Les anciens oliviers, aux troncs creux et contorsionnés, possèdent un diamètre de plus de 3 mètres. De récentes analyses ont attesté du bon état de santé de ces arbres et ont permis de dater leur partie aérienne au XIIème siècle. Mais ces recherches nous révèlent un fait encore plus surprenant : le lien de fraternité existant entre ces arbres. En effet, ils possèdent tous un ADN identique, issu de bouturages, à savoir des branches coupées et greffées, appartenant à une même plante mère. Cette découverte suggère que cet olivier n’a pas été choisi au hasard ; il s’agit probablement d’un olivier ayant assisté à la nuit d’agonie de Jésus. Les plantes du jardin les plus anciennes nous sont parvenues intactes depuis l’époque des Croisés, ayant survécu à la destruction de l’église ainsi qu’aux années d’abandon, avant que les Pères Franciscains ne devinrent les propriétaires officiels de ces terres.

Le témoignage laissé par le pèlerin Giorgio Cuccio est particulièrement intéressant ; lors de son voyage en 1384, il utilisa les termes « très anciens », « nombreux et magnifique » pour décrire les oliviers du Jardin.
En se promenant le long du périmètre du Jardin, il est également possible d’observer l’olivier planté par le pape Paul VI, le 4 janvier 1964, lors de son pèlerinage en Terre Sainte.

Tous les ans, le Jardin des Oliviers constitue le point de départ pour la procession du Jeudi Saint, conduite par le Custode franciscain ; à la tombée de la nuit, tous les fidèles et pèlerins se réunissent au Gethsémani pour veiller dans la prière de l’Heure Sainte avant de se diriger vers Gallicante, là où Jésus passa la nuit en prison.

La conservation des oliviers est assurée par le travail de bénévoles, originaires du monde entier, qui viennent apporter leur aide aux frères de la Custodie, et plus particulièrement lors de la taille et la récolte.

Façade et porche

Au sommet d’un escalier monumental, s’élève la Basilique, donnant sur la vallée du Cédron, précisément en face de l’ancienne Porte Dorée construite le long de la muraille de Jérusalem.

L’atrium de la Basilique est composé de trois grands arcs en plein cintre, soutenus par des piliers flanqués de colonnes monolithiques, ornées de chapiteaux corinthiens similaires à ceux présents à l’intérieur de l’ancienne église byzantine. Sur la corniche, au niveau des colonnes, se dressaient les statues des quatre évangiles, sculptées par Tonnini.

La curiosité du visiteur est mise en éveil par la magnifique mosaïque du tympan, réalisée avec des tesselles étincelantes représentant plusieurs couleurs sur un fond doré. L’ouvrage, conçu par Giulio Bargellini et réalisé par l’entreprise Monticelli en 1930, est un hymne à Jésus, lequel est représenté en tant que médiateur entre Dieu et l’humanité. L’humanité est divisée en deux groupes : à gauche, on trouve celui des savants qui pleurent les limites de leurs connaissances, à droite celui des simples et des affligés. Les deux groupes s’agenouillent pour prier devant Jésus : celui-ci reçoit, à bras ouverts, les supplications de l’humanité toute entière et lève les yeux au ciel pour remettre ces dernières au Père, cela étant le début et la fin de toute chose. À la droite de Dieu, un ange prend son cœur rempli de toutes les souffrances des hommes. Sous cette scène, on trouve un verset de la Lettre aux Juifs qui accompagne et permet d’éclaircir la visée théologique de cette mosaïque : « PRECES SUPPLICATIONESQUE CUM CLAMORE VALIDO ET LACRYMIS OFFERENS EXAUDITUS EST PRO SUA REVERENTA » (« Il a présenté, avec un grand cri et dans les larmes, sa prière et sa supplication: et, parce qu'il s'est soumis en tout, il a été exaucé » : cf : Hé, 5,7).

 

Au sommet du tympan, à côté de la croix, se trouvent deux cerfs en bronze qui rappellent le premier verset du Psaume 42 : « Comme le cerf soupire après les sources d'eau, ainsi mon âme soupire après toi, ô Dieu ». Les deux sculptures, qui ont remplacé celles qui avaient été volées, ont pu être réalisées grâce à la générosité d’une bienfaitrice espagnole et ont été posées sur place en mai 2011.

Sur les flancs nord et sud du tympan, le long des murs latéraux de la Basilique, ressortent les images du visage souffrant de Marie et des stigmates que reçut saint François : ils invitent le pèlerin à méditer sur le Christ qui porte en lui la souffrance de chaque homme, de chaque période.

Les visiteurs empruntent généralement le sentier qui longe le Jardin des Oliviers pour arriver au-dessous du porche précédant l’église. Sur le sol du porche, des bandes en zigzag indiquent l’ancien emplacement de la citerne d’eau byzantine au sein de laquelle était récupérée l’eau de pluie lors des périodes de sécheresse. Le même motif en zigzag a été repris à l’intérieur de l’église pour indiquer les canaux d’écoulement qui se trouvaient à l’extérieur du périmètre de l’église byzantine, et qui acheminaient l’eau récupérée dans l’impluvium vers la citerne située sous l’atrium.

Le portail de la Basilique

La réalisation du portail d’entrée massif de la Basilique, un travail de l’ingénieur Pietro Aldechi Ricci, a pu être possible grâce à l’aide financière apportée par le père Giovanni Gramiccia, Commissaire Général de Terre Sainte et des bienfaiteurs napolitains.

Il s’agit du dernier chef-d’œuvre de l’artiste, décédé des suites d’une maladie à Amman, âgé de seulement 30 ans. Lors de son séjour à Jérusalem, au cours duquel il fut l’assistant de Barluzzi, Ricci a eu l’opportunité d’étudier la nouvelle structure et l’intention des différents artistes ayant collaboré au projet.

Le portail réalisé tardivement, en 1999, présentant des formes plus simples que celles utilisés pour le projet original, a été sculpté par l’artiste Tonnini. Il représente l’arbre de la vie doté de quatre sarments qui renferment les symboles des évangélistes. Les quatre cartouches en latin reprennent les passages de l’Évangile racontant l’agonie de Jésus. Aux pieds de l’arbre, a été gravé le blason de la Custodie avec la Croix de Terre Sainte et les deux bras croisés, de Jésus et Saint François, qui portent respectivement sur la paume de leur main les marques des plaies de la crucifixion et des stigmates.

Après le portail, un magnifique olivier en bronze réalisé par l’artiste S. Gabai, aux rameaux contorsionnés et noueux comme les Oliviers centenaires du jardin sacré, orne le vitrage du tambour. L’immense lumière du soleil est filtrée à l’intérieur de l’église par les branches de l’arbre, ressemblant aux rameaux des oliviers qui furent les témoins silencieux de l’agonie de Jésus.

La basilique de Gethsémani

L’intérieur de la Basilique, divisé en deux rangées de six colonnes rosées qui supportent les 12 voûtes uniformes, est quasiment la reproduction identique de l’église voulue par l’empereur Théodose, à la différence qu’elle présente des dimensions plus larges. Elle possède égale de plan basilical à trois nefs, se terminant par des absides en forme d’hémicycles.

Dans le projet de Barluzzi, tout concourt à rappeler la scène nocturne de ce jeudi de Pâques, lorsqu’au clair de lune, au milieu des rameaux, Jésus ressentit une profonde agonie avant de s’en remettre à la volonté du Père.

L’architecte a souhaité mettre l’accent sur une lumière intense à l’intérieur de la basilique : l’obscurité intérieure, constituant un contraste saisissant avec la lumière blanche extérieure, a été volontairement obtenue grâce aux vitrages opalescents aux couleurs de violet des fenêtres ornant les murs de l’église. Les différentes nuances de violet pénètrent à l’intérieur de l’édifice par des ouvertures géométriques formant une croix.

 

L’atmosphère nocturne créée à l’intérieur de la basilique est renforcée par les mosaïques des 12 voûtes : ces dernières sont recouvertes d’un fond bleu foncé sur lequel s’illumine le ciel étoilé encadré par les rameaux d’oliviers. Au centre de chaque voûte, ont été représentés plusieurs motifs rappelant la passion et la mort de Jésus ; on peut également observer le symbole de la Custodie de Terre Sainte. Pour rappeler toutes les Nations qui contribuèrent à la réalisation de la basilique, leurs emblèmes ont été reportés sur les coupoles et mosaïques de l’abside. En commençant par l’abside de la nef gauche, sont représentés l’Argentine, le Brésil, le Chili et le Mexique ; au niveau de la nef centrale, on retrouve l’Italie, la France, l’Espagne et l’Angleterre ; au niveau de la nef centrale : la Belgique, le Canada, l’Allemagne et les États-Unis. Cette collaboration internationale est à l’origine du nom donné à cet édifice : « Basilique de Toutes-les-Nations ».

Pour la décoration du sol, l’architecte eut l’intuition moderne de reproduire les mosaïques et le plan de l’ancienne basilique théodosienne au-dessus de laquelle a été bâtie la basilique actuelle. Les bandes de pierre grise longent le périmètre des murs de l’église byzantine flanqués par une bande de marbres blancs et noirs en forme de zigzag indiquant l’emplacement des rigoles d’écoulement des eaux de pluie qui s’acheminaient dans la citerne. Les restes de mosaïques retrouvés lors des fouilles archéologiques ont permis à l’artiste Pietro D’Achiardi de reproduire le dessin du sol du IVème siècle reprenant les mêmes motifs géométriques : en se promenant dans la basilique, on rencontre plusieurs éléments insérés, recouverts de plaques de verre au travers desquelles il est possible d’admirer les tesselles du sol de l’ancienne basilique. Tandis que les nefs latérales sont restées fidèles à la composition de la mosaïque de l’église précédente en proposant des carrés à motifs géométriques encadrés par des corniches en forme de tresse, la nef centrale a été réalisée sur la base d’un nouveau modèle utilisant les couleurs des tesselles constituant l’ancienne mosaïque. La nouvelle mosaïque se base sur des motifs traditionnels propres à l’art byzantin du IVème siècle : un bord présentant des volutes aux finitions de feuilles d’acanthe avec des fleurs et oiseaux sur un fond noir, encadre la tableau central qui représente, à l’intérieur d’une tresse, la croix stylisée avec le monogramme constantinien, symbole utilisé par les premiers chrétiens et né de l’entrecroisement des lettres grecques X et P, « chi » et « rho », abréviation de « Christós ».

Lorsque l’on entre à l’intérieur de la basilique, le regard est attiré par la scène représentant l’agonie de Jésus, au niveau de l’abside centrale. La composition, conçue par le maître Pietro D’Achiardi, est intentionnellement simple avec des formes stylisées pour aider l’observateur à se rapprocher de l’humanité de Jésus, de la tristesse de l’Homme-Dieu qui choisit délibérément de s’en remettre à la volonté du Père.

Jésus se trouve au centre de la scène, affalé sur les pierres qui le supportent, dans l’atmosphère nocturne du jardin des Oliviers. Il est possible de distinguer non loin de l’endroit où se trouve Jésus, derrière les oliviers, les trois apôtres qui s’endormirent « par tristesse », comme le raconte l’évangéliste Luc. La voûte céleste d’une couleur sombre accentue cette atmosphère nocturne : on peut observer l’ange qui rayonne depuis les Cieux et qui descend sur Terre pour apporter son réconfort à Jésus. La scène représentée est celle racontée par saint Luc dont les versets les plus forts en termes de signification ont été reportés en latin : « APPARUT AUTEM ILLI ANGELUS DE COELO CONFORTANS EUM. ET FACTUS IN AGONIA PROLIXIUS ORABAT. ET FACTUS EST SUDOR EIUS SICUT GUTTAE SANGUINIS DECURRENTIS IN TERRAM »(« Alors un ange lui apparut du ciel pour le fortifier. Saisi d'angoisse, Jésus priait avec plus d'insistance, et sa sueur devint comme des caillots de sang qui tombaient par terre. Après avoir prié, il se releva et vint vers les disciples, qu'il trouva endormis de tristesse », Lc 22, 43-44). Le Commissariat Hongroise supporte les frais pour la réalisation de la mosaïque ; ainsi, on retrouve, au-dessous de la peinture, l’emblème de ce pays ainsi que le symbole de la Custodie de Terre Sainte.

Les mosaïques des deux absides latérales ont été réalisées par Mario Barberis. Malgré la diversité de composition et artistique par rapport à l’abside central, l’utilisation de la même gamme de couleurs et l’atmosphère nocturne dans le jardin des Oliviers, confère à l’ensemble de la Basilique une uniformité parfaite.

Dans l’abside de la nef gauche, a été représenté le baiser, mentionné par Matthieu et Luc, par lequel Judas trahit Jésus : c’était le signe qu’avaient choisi les gardes et grands-prêtres pour identifier l’homme qu’ils recherchaient. Au centre de l’œuvre, se trouve Jésus embrassé par Judas tandis que sur la gauche, ont été représentés les apôtres couronnés d’une auréole. À la droite du tableau, les gardes s’éclairent grâce à un flambeau (Mt 26,30 ; Lu 22,48). L’emblème de l’Irlande, pays qui finança la réalisation, a été reporté en bas à droite.

L’aspect fondamental de la Basilique est représenté par le rocher parfaitement conservé, objet de dévotion, une pratique commune à de nombreux Lieux Saints et dont l’existence est attestée depuis toujours. En effet, nous sommes certains qu’à partir du XIVème siècle, les pèlerins en visite au Gethsémani avaient pour habitude de se prosterner devant les « Rochers des Apôtres », sur lesquels se seraient endormis Pierre, Jacques et Jean lors de la nuit d’agonie de Jésus, qui se trouvent encore aujourd’hui à l’extérieur, derrière la Basilique. Mais ce type de dévotion devait exister si le rocher parfaitement conservé était visible à l’intérieur de l’église, ce qui semble tout à fait probable pour l’église byzantine et croisée, de sorte à permettre aux fidèles de toucher cette pierre témoin de la sueur du sang et des souffrances de Jésus.

Encore aujourd’hui, les pèlerins peuvent s’agenouiller devant le rocher, au sein du presbytère, derrière une balustrade typique de l’époque paléochrétienne. Le rocher qui, après un siècle de dévotion commence à présenter les marques de la vénération, est renfermé dans une couronne de ronces entrecroisées en fer forgé et argent, haute de 30 cm environ et légèrement inclinée vers l’intérieur.
L’ouvrage de l’artiste Alberto Gerardi est complétée par l’ajout de deux colombes mourantes, réalisées en argent et qui ornent les arêtes et par trois calices dans lesquels boivent deux colombes, une sur chaque côté de l’enceinte : la symbolique de l’œuvre fait allusion à la Passion du Christ et à son martyr.

Les absides abritent le rocher naturel, qui a conservé la forme dans laquelle il avait été initialement taillé, sur lequel reposent les murs de la basilique. Il encore possible d’admirer certaines pierres de la basilique théodosienne retrouvées lors des fouilles archéologiques : une dans l’abside de droite et deux dans l’abside de gauche, qui présentent les marques de l’ancien canal d’écoulement des eaux de pluie.

Les restes de l’église croisée

Une fois passé le porche de la Basilique, sur le côté sud, il est possible d’observer les ruines de l’ancienne Basilique croisée érigée en mémoire du Sauveur et bâtie au XIIème siècle : il s’agit des premières ruines découvertes à la fin du XIXème siècle grâce à des fouilles réalisées par les Franciscains à partir de 1909. Par rapport à l’église byzantine précédente, le nouvel édifice était orienté plus au sud et présentait des dimensions plus larges. Elle était composée de trois nefs séparées par des piliers cruciformes et des absides se terminant par des hémicycles. Des travaux de restauration ultérieurs ont permis de remplacer les piliers par des bases massives à la forme octogonale.

Les fouilles ainsi que la construction ultérieure de la Basilique moderne ont provoqué l’abaissement des niveaux originaux de l’église : aujourd’hui, on peut observer les murs imposants latéraux mais pas le sol, qui a été retiré lors des travaux. Le banc rocheux, qui se dresse vers les absides, devait probablement sortir du sol et être visible y compris lors de la période des Croisades.

De nos jours, il ne reste plus qu’un symbole de la richesse ornementale de l’église : un fragment de fresque représentant le visage d’un ange et conservé actuellement au musée archéologique du Studium Biblicum Franciscanum, au sein du Couvent de la Flagellation. À côté du visage de l’ange, on peut admirer une auréole portant une crux gemmata associée à la figure du Christ. Il existe deux interprétations pour cette scène : celle de l’agonie décrite par Luc et dans laquelle un ange apparaît à Jésus pour apporter à ce dernier du réconfort et celle du Christ assis sur un trône entouré d’archanges.

Certaines ruines des colonnes et chapiteaux parsemés aux alentours n’appartiennent pas à l’église byzantine et croisée du Gethsémani car cet endroit abrite également les colonnes de l’Anastasis de l’église du Saint-Sépulcre, particulièrement endommagés et donc remplacés à l’occasion des travaux de restauration réalisés au cours du XXème siècle.

Grotte du Gethsémani

La grotte, généralement connue sous l’appellation « grotte du Gethsémani » qui signifie en araméen le « lieu du pressoir », se trouve à droite de la Tombe de la Vierge et s’ouvre à la fin d’un couloir. Depuis le IVème siècle, la tradition associe cet endroit au lieu de la trahison commise par Judas. Après l’agonie ressentie dans le Jardin des Oliviers, Jésus alla à la rencontre des apôtres qui s’étaient arrêtés dans la grotte et c’est ici qu’il fut rejoint par Judas accompagné des gardes.

Les Franciscains devinrent les propriétaires de ce lieu en 1361 et sont encore ses propriétaires, ce qui n’est pas le cas pour la Tombe de Marie. En 1955, à la suite d’une inondation, la Custodie de Terre Sainte, par l’intermédiaire du père Virgilio Corbo, effectua des fouilles qui permirent d’étudier la structure de la grotte et de réaliser des découvertes intéressantes sur son histoire.

La grotte, qui mesure environ 19x10 cm pour une hauteur de 3,5 mètres, a toujours conservé un aspect plus ou moins naturel malgré de nombreuses transformations. Au début, il s’agissait d’un lieu servant des objectifs agricoles : on pouvait y trouver une citerne ainsi que des rigoles d’eau et probablement un pressoir ; à partir du IVème siècle, elle devint une église rocheuse à vocation funéraire ; à l’époque des Croisades, elle fut ornée d’une voûte sur laquelle ont été peintes des étoiles ainsi que des scènes de l’Évangile.

Depuis l’entrée, qui fut ouverte à la suite d’une inondation ayant rendu les passages précédents impraticables, certains escaliers permettent d’accéder à l’intérieur de la grotte. La voûte rocheuse et enduite de chaux, en partie naturelle et en partie taillée de manière artificielle, est soutenue par des piliers rocheux ou de maçonnerie. À l’occasion du Jubilé de l’an 2000, la voûte peinte à l’époque des Croisades fut restaurée : ces travaux ont permis de découvrir des fresques ainsi que de nombreux graffitis laissés par des pèlerins. L’ornement croisé de la voûte représente trois peintures insérées à l’intérieur d’un cadre et représentant la prière de Jésus dans le Jardin, le Christ avec les apôtres et l’ange qui console le Sauveur.

Sur la voûte, à droite du presbyterium, il est possible de lire une inscription en latin, composée de trois lignes et de lettres majuscules écrites en blanc sur un fond rouge et noir. La traduction pourrait être la suivante : « Ici, le Roi Saint a transpiré du sang. Le Seigneur et Christ s’est souvent rendu sur ces lieux. Père, si tu voulais éloigner de moi cette coupe ». Il est probable que d’autres inscriptions aient séparé les scènes représentées afin de fournir une description.

Les tableaux peints à fresque ont été réalisés par l’artiste Umberto Noni. Le tableau situé derrière l’autel représente la prière quotidienne de Jésus avec ses disciples à l’intérieur d’une grotte, ressemblant à celle du Gethsémani.

En tournant le dos à l’autel, à gauche des escaliers d’accès, il est possible d’observer une partie de l’ancienne citerne, utilisée d’abord comme réservoir d’eau puis transformée en nécropole à l’époque byzantine. Une ouverture réalisée sur le sol permet de voir une partie du fond de la citerne, dont le sol est divisé par de simples murets constituant au moins cinq tombes. À l’intérieur de la citerne, sur la façade sud, a été réalisée une tombe à arcosolium. L’entrée byzantine de la grotte était située de ce côté, au-dessus de la citerne. Grâce à une ouverture quadrangulaire (visible encore de nos jours) et servant de fondation au mur, il est possible d’apercevoir les escaliers qui, depuis le côté nord, conduisaient jusqu’à la nécropole. Face à l’entrée qui, à l’époque byzantine, menait jusqu’à la grotte, a été conservé un fragment de mosaïques au sol en tesselles blanches et portant l’inscription grecque en tesselles rouges et entourée d’un carré noir. Il s’agit d’une inscription funéraire dont la première ligne est encore lisible : « KE ANAPUS(ON) », « Donnez-leur, Seigneur, le repos ».

Les Oliviers du Gethsémani : les dernières recherches

En 2009, des recherches ont été conduites afin d’analyser l’état de santé des anciens Oliviers du Jardin sacré. Les résultats, publiés en 2012, ont apporté des éclaircissements sur un thème qui fait beaucoup débat, celui de l’âge des plantes.

Les recherches ont été menées par une équipe de professionnels et de chercheurs du Conseil National des recherches italien (CNR) travaillant aux côtés de nombreuses universités italiennes, le tout coordonné par les Professeurs Giovanni Gianfrate et Antonio Cimato.

Les recherches ont établi que les arbres sont en parfaite santé et qu’ils existent depuis 900 ans, datant leur partie aérienne (le tronc et les branches) à l’époque des Croisades. Mais la découverte la plus particulière fut celle résultant de l’analyse ADN : en effet, les huit oliviers présentent le même profil génétique, ce qui signifie qu’ils appartiennent au même « génotype », un seul arbre à partir duquel ont été arrachées des branches plus ou moins épaisses pour les planter dans le jardin.

Il semble donc tout à fait probable que lorsque les Croisés construisirent la Basilique, ces derniers aient réarrangé le jardin de sorte à « propager », à l’intérieur d’un espace sacré, un arbre en particulier, choisi pour son caractère antique et vénéré en commémoration de la prière que fit Jésus sur le mont Gethsémani, les Oliviers d’aujourd’hui reçoivent la même vénération.

Ces résultats confèrent au Jardin une plus grande sacralité : les Oliviers sont de véritables témoins de la profonde foi de la communauté chrétienne de Jérusalem qui, avec de nombreux pèlerins, continue d’annoncer au monde entier la résurrection du Christ.

Gethsémani : conserver le passé et former l’avenir

Un projet pour conserver la basilique du Gethsémani et former les restaurateurs et mosaïstes de demain.


Le projet
La restauration et la conservation ont eu lieu grâce à la coordination de l'Association pro Terra Sancta et Mosaic Center de Jéricho, sous la direction scientifique d'un comité spécial du Studium Biblicum Franciscanum.

Les objectifs sont :
– Conserver et restaurer d’un point de vue architectural et artistique un des Lieux Saints les plus importants de Jérusalem et de toute la Terre Sainte.
– Former des jeunes de Jérusalem, à travers un cours pratique de restauration des mosaïques.
– Accroître la conscience de la population locale et de toute la communauté internationale au sujet de la valeur historique et culturelle de ce lieu.

Les activités prévues sont :
- Documentation et nettoyage des mosaïques qui couvrent l'intérieur et parfois la façade extérieure de la Basilique.
- Restauration du toit de la basilique de l'étage, et toutes les pièces endommagées, à la fois interne et externe.
- Réalisation de cours pratiques de restauration des mosaïques pour les jeunes de Jérusalem, détenus par des experts locaux du Centre Mosaïque de Jericho.
- Organisation d'activités et de visites à la basilique pour les jeunes des écoles de Jérusalem.

Atteint par la restauration de la Basilique de Gethsémani les nombreux pèlerins qui viennent en Terre Sainte peuvent maintenant continuer à visiter et célébrer dans l'un des plus importants lieux saints de Jérusalem. Dans le même temps, la communauté locale a été impliquée dans la préservation du patrimoine historique et artistique de cette ville, formant et restaurateurs de mosaïques et de plus en plus la liaison des jeunes locaux du territoire, si riche en histoire.

Évangile selon Saint Matthieu (26,36-56)

Introduction

Le domaine du Gethsémani, le « lieu du pressoir », est décrit par Matthieu et Marc comme étant le lieu marquant véritablement le début de la Passion de Jésus. La faiblesse humaine de ce moment de tristesse et d’angoisse est attestée par la prière de Jésus qui, par trois fois, implora le Père « d’éloigner la coupe » : l’image de la coupe est reprise dans les Psaumes, au sens figuré, pour indiquer la volonté de Dieu (Ps 16,5 ; 23,5 ; 116,13) et dans les Livres des Prophètes, pour indiquer sa colère et son jugement (Es 51,17 ; Jr 25,15-18 ; Ez 23,32-33).

Jésus rappela à ses disciples endormis de prier pour ne pas « céder à la tentation ». Cet enseignement est également présent dans la prière du Notre Père pour que le Père n’abandonne pas ses Fils dans la tentation mais leur donne la force de surmonter les difficultés.

L’Évangile selon Saint Matthieu relate la salutation de Judas suivi du baiser : il s’agit d’une forme habituelle de salutation chez les populations orientales et dénotait une amitié profonde. Jésus ne refusa pas cette démonstration d’affection et appela Judas son « ami ». Matthieu accorde également beaucoup d’importance à la réaction de Jésus face au comportement de l’un des disciples qui, après avoir tiré son épée, emporta l’oreille du serviteur du grand-maître. Jésus condamna ce geste pour deux raisons : premièrement l’importance de la non-violence et du pardon et la certitude que sa capture s’inscrivait dans le dessein que Dieu avait tracé et confié aux Écritures des prophètes.

Texte

36 Là-dessus, Jésus se rendit avec eux dans un endroit appelé Gethsémané et il dit aux disciples: « Asseyez-vous [ici] pendant que je m'éloignerai pour prier. »
37 Il prit avec lui Pierre et les deux fils de Zébédée et il commença à être saisi de tristesse et d'angoisse. 
38 Il leur dit alors : « Mon âme est triste à en mourir. Restez ici, éveillés avec moi. »
39 Puis il avança de quelques pas, se jeta le visage contre terre et fit cette prière : « Mon Père, si cela est possible, que cette coupe s'éloigne de moi! Toutefois, non pas ce que je veux, mais ce que tu veux. »
40 Il revint vers les disciples, qu'il trouva endormis, et dit à Pierre: « Vous n'avez donc pas pu rester éveillés une seule heure avec moi !
41 Restez vigilants et priez pour ne pas céder à la tentation. L'esprit est bien disposé, mais par nature l'homme est faible. »
42 Il s'éloigna une deuxième fois et fit cette prière: « Mon Père, s'il n'est pas possible que cette coupe s'éloigne [de moi] sans que je la boive, que ta volonté soit faite! »
43 Il revint et les trouva encore endormis, car ils avaient les paupières lourdes.
44 Il les quitta, s'éloigna de nouveau et pria pour la troisième fois, répétant les mêmes paroles.
45 Puis il revint vers ses disciples et leur dit: « Vous dormez maintenant et vous vous reposez ! Voici, l'heure est proche et le Fils de l'homme est livré entre les mains des pécheurs.
46 Levez-vous, allons-y ! Celui qui me trahit s'approche. »
47 Il parlait encore quand Judas, l'un des douze, arriva avec une foule nombreuse armée d'épées et de bâtons, envoyée par les chefs des prêtres et par les anciens du peuple.
48 Celui qui le trahissait leur avait donné ce signe : « L'homme auquel je donnerai un baiser, c'est lui. Arrêtez-le ! » 49 Aussitôt, il s'approcha de Jésus en disant : « Salut, maître ! », et il l'embrassa.
50 Jésus lui dit: « Mon ami, ce que tu es venu faire, fais-le. » Alors ces gens s'avancèrent, mirent la main sur Jésus et l'arrêtèrent.
51 Un de ceux qui étaient avec Jésus mit la main sur son épée et la tira ; il frappa le serviteur du grand-prêtre et lui emporta l'oreille. 
52 Alors Jésus lui dit : « Remets ton épée à sa place, car tous ceux qui prendront l'épée mourront par l'épée. 53 Penses-tu que je ne puisse pas faire appel à mon Père, qui me donnerait à l'instant plus de douze légions d'anges ? 54 Comment donc s'accompliraient les Ecritures, d'après lesquelles cela doit se passer ainsi ? » 
55 A ce moment, Jésus dit à la foule: « Vous êtes venus vous emparer de moi avec des épées et des bâtons, comme pour un brigand. J'étais tous les jours assis [parmi vous], enseignant dans le temple, et vous ne m'avez pas arrêté.
56 Mais tout cela est arrivé afin que les écrits des prophètes soient accomplis. » Alors tous les disciples l'abandonnèrent et prirent la fuite.

Les passages bibliques sont extraits de la Version Segond 21 © 2007 Société Biblique de Genève

Évangile selon Saint Marc (14,32-52)

Introduction

L’évangéliste Marc raconte la nuit d’angoisse et de prière intense de Jésus qui le conduisit à s’en remettre définitivement à la volonté du Père, suivie de la trahison commise par Judas. Marc souligne que la prière que Jésus adressa au Père était pleine de confiance et de familiarité. Dans le texte, Jésus appelle son père « abbà », terme qui n’est jamais utilisé dans la tradition judéenne pour s’adresser à Dieu ; cet évangile est le seul à mentionner « abbà », dénotant une réelle intimité entre Dieu et son Fils Jésus au moment où Jésus eut le plus besoin de son Père.
Marc est également le seul à intégrer à son texte un détail probablement lié à son vécu personnel : un jeune homme qui, souhaitant échapper aux gardes, lâcha son drap et se retrouva donc nu. Il s’agit probablement d’un souvenir autobiographique.
Marc était originaire de Jérusalem et il est possible que le domaine du Gethsémani ait appartenu à sa famille : lors de cette nuit, il aurait été surpris chez lui dans son sommeil, c’est pour cela qu’il était habillé d’un simple drap.

Texte

32 Ils se rendirent ensuite dans un endroit appelé Gethsémané, et Jésus dit à ses disciples: « Asseyez-vous ici pendant que je prierai. » 
33 Il prit avec lui Pierre, Jacques et Jean, et il commença à être saisi de frayeur et d'angoisse. 
34 Il leur dit : « Mon âme est triste à en mourir; restez ici, éveillés. »
35 Puis il avança de quelques pas, se jeta contre terre et pria que, si cela était possible, cette heure s'éloigne de lui.
36 Il disait : « Abba, Père, tout t'est possible. Eloigne de moi cette coupe ! Toutefois, non pas ce que je veux, mais ce que tu veux. »
37 Il vint vers les disciples qu'il trouva endormis, et il dit à Pierre: « Simon, tu dors ! Tu n'as pas pu rester éveillé une seule heure !
38 Restez vigilants et priez pour ne pas céder à la tentation. L'esprit est bien disposé, mais par nature l'homme est faible. »
39 Il s'éloigna de nouveau et fit la même prière.
40 Il revint et les trouva encore endormis, car ils avaient les paupières lourdes. Ils ne surent que lui répondre. 41 Il revint pour la troisième fois et leur dit: «Vous dormez maintenant et vous vous reposez ! C'est assez ! L'heure est venue ; voici que le Fils de l'homme est livré entre les mains des pécheurs.
42 Levez-vous, allons-y ! Celui qui me trahit s'approche.»
43 Il parlait encore quand soudain arriva Judas, l'un des douze, avec une foule armée d'épées et de bâtons envoyée par les chefs des prêtres, par les spécialistes de la loi et par les anciens.
44 Celui qui le trahissait leur avait donné ce signe: « L'homme auquel je donnerai un baiser, c'est lui. Arrêtez-le et emmenez-le sous bonne garde ! »
45 Dès qu'il fut arrivé, il s'approcha de Jésus en disant : « Maître ! » et il l'embrassa.
46 Alors ces gens mirent la main sur Jésus et l'arrêtèrent. 
47 Un de ceux qui étaient là tira l'épée, frappa le serviteur du grand-prêtre et lui emporta l'oreille. 
48 Jésus prit la parole et leur dit: «Vous êtes venus vous emparer de moi avec des épées et des bâtons, comme pour un brigand.
49 J'étais tous les jours parmi vous, enseignant dans le temple, et vous ne m'avez pas arrêté. Mais c'est afin que les Ecritures soient accomplies.» 
50 Alors tous l'abandonnèrent et prirent la fuite. 
51 Un jeune homme le suivait, habillé d'un simple drap. On l'attrapa,
52 mais il lâcha le drap et se sauva tout nu.

Les passages bibliques sont extraits de la Version Segond 21 © 2007 Société Biblique de Genève

Évangile selon Saint Luc (22, 39-54)

Introduction

Luc est le seul apôtre à rappeler la « sueur de sang » causé par la grande angoisse de Jésus qui, à ce moment, reçut le réconfort d’un ange envoyé par Dieu. Le processus physique de l’hématidrose peut être provoqué par une extrême souffrance physique. L’évangéliste, qui aurait exercé la profession de médecin selon la tradition, attribue cette réaction « à l’agonie » (en grec, ce terme signifie « lutte ») de Jésus contre le « pouvoir des ténèbres ». 

Le pouvoir des ténèbres, auquel étaient soumises les personnes venues capturer Jésus, revêt une signification tant littérale que biblique. Jésus laisse supposer que son arrestation aura lieu pendant la nuit de sorte à ce que la foule qui le suivait le jour, ne puisse venir à son aide. Par ailleurs, les ténèbres désignent souvent dans la bible la métaphore du mal et de tout ce qui s’avère contaminé par le péché. 

Le troisième évangéliste est également le seul à mentionner le geste de pitié que fit Jésus à l’égard du serviteur du grand-prêtre, en guérissant son oreille blessée par l’épée d’un des disciples.

Texte

39 Il sortit et se rendit comme d'habitude au mont des Oliviers. Ses disciples le suivirent. 
40 Lorsqu'il fut arrivé à cet endroit, il leur dit : « Priez pour ne pas céder à la tentation. »
41 Puis il s'éloigna d'eux à la distance d'environ un jet de pierre, se mit à genoux et pria
42 en disant : « Père, si tu voulais éloigner de moi cette coupe ! Toutefois, que ce ne soit pas ma volonté qui se fasse, mais la tienne. »
43 [Alors un ange lui apparut du ciel pour le fortifier.
44 Saisi d'angoisse, Jésus priait avec plus d'insistance, et sa sueur devint comme des caillots de sang qui tombaient par terre.] 
45 Après avoir prié, il se releva et vint vers les disciples, qu'il trouva endormis de tristesse.
46 Alors il leur dit : « Pourquoi dormez-vous? Levez-vous et priez pour ne pas céder à la tentation. »
47 Il parlait encore quand une foule arriva. Celui qui s'appelait Judas, l'un des douze, marchait devant elle. Il s'approcha de Jésus pour l'embrasser.
48 Jésus lui dit : « Judas, c'est par un baiser que tu trahis le Fils de l'homme ! » 
49 Voyant ce qui allait arriver, ceux qui étaient avec Jésus dirent: «Seigneur, devons-nous frapper avec l'épée ? »
50 Et l'un d'eux frappa le serviteur du grand-prêtre et lui emporta l'oreille droite. 
51 Mais Jésus prit la parole et dit: « Laissez faire, arrêtez ! » Puis il toucha l'oreille de cet homme et le guérit.
52 Jésus dit ensuite aux chefs des prêtres, aux chefs des gardes du temple et aux anciens qui étaient venus pour l'arrêter : « Vous êtes venus comme pour un brigand, avec des épées et des bâtons.
53 J'étais tous les jours avec vous dans le temple et vous n'avez pas mis la main sur moi. Mais c'est maintenant votre heure et celle du pouvoir des ténèbres. »
54 Après avoir arrêté Jésus, ils l'emmenèrent et le conduisirent dans la maison du grand-prêtre. Pierre suivait de loin.

Les passages bibliques sont extraits de la Version Segond 21 © 2007 Société Biblique de Genève

Évangile de Saint Jean (18, 1-12)

Introduction

Jean ne présente pas Jésus comme le serviteur souffrant décrit par Ésaïe (chap. 53). Le Jésus de l’Évangile de saint Jean accomplit la mission qui lui avait été confié ainsi que sa glorification par sa mort sur la croix (Jn 12, 20-33).

Ainsi, le quatrième évangile ne mentionne pas le récit de l’agonie mais nous fournit la description d’un Jésus qui propose lui-même de boire la « coupe » que lui avait préparée le Père. Contrairement aux évangiles synoptiques, il n’est fait mention ni du Mont des Oliviers ni du Gethsémani, mais on parle d’un jardin au-delà du Cédron, le torrent qui sépare le Temple du mont des Oliviers. Tandis que les autres Évangiles restent vagues quant à l’identification de la personne ayant coupé l’oreille du serviteur du grand-prêtre, Jean ne nous donne pas seulement le nom du serviteur, Malchus, mais il donne également le nom du responsable de la blessure à l’oreille : Simon Pierre. Ce geste doit être interprété comme la manifestation de la volonté de Pierre de déposer son signe d’infamie. 

Par ailleurs, Jean précise que l’arrestation de Jésus a été effectuée par un groupe de soldats et par certains gardes envoyés par les chefs des prêtres et les pharisiens, une description plus réaliste que celle fournie par Luc selon laquelle les chefs des prêtres et les chefs des gardes du temple auraient été présents.

Texte

1 Après avoir dit ces paroles, Jésus alla avec ses disciples de l'autre côté du torrent du Cédron où se trouvait un jardin ; il y entra, lui et ses disciples.
2 Judas, celui qui le trahissait, connaissait aussi l'endroit parce que Jésus et ses disciples s'y étaient souvent réunis.
3 Judas prit donc la troupe de soldats romains ainsi que des gardes envoyés par les chefs des prêtres et les pharisiens, et il s'y rendit avec des lanternes, des torches et des armes.
4 Jésus, qui savait tout ce qui devait lui arriver, s'avança alors et leur dit : « Qui cherchez-vous ? » 5 Ils lui répondirent: «Jésus de Nazareth.» Jésus leur dit: «C'est moi.» Judas, celui qui le trahissait, était avec eux. 6 Lorsque Jésus leur dit : « C'est moi », ils reculèrent et tombèrent par terre.
7 Il leur demanda de nouveau : « Qui cherchez-vous ? » Ils dirent : « Jésus de Nazareth. » 
8 Jésus répondit : « Je vous ai dit que c'est moi. Si donc c'est moi que vous cherchez, laissez partir ceux-ci. » 
9 Il dit cela afin que s'accomplisse la parole qu'il avait prononcée: « Je n'ai perdu aucun de ceux que tu m'as donnés. »
10 Alors Simon Pierre, qui avait une épée, la tira, frappa le serviteur du grand-prêtre et lui coupa l'oreille droite. Ce serviteur s'appelait Malchus. 
11 Jésus dit à Pierre : « Remets ton épée dans son fourreau. Ne boirai-je pas la coupe que le Père m'a donnée à boire ? »
12 La troupe, le commandant et les gardes des Juifs s'emparèrent alors de Jésus et l'attachèrent.
13 Ils l'emmenèrent d'abord chez Anne, car il était le beau-père de Caïphe qui était grand-prêtre cette année-là. 
14 Or Caïphe était celui qui avait donné ce conseil aux Juifs: «Il vaut mieux qu'un seul homme meure pour le peuple. »

Les passages bibliques sont extraits de la Version Segond 21 © 2007 Société Biblique de Genève

 

Naissance et développement de l'exercice pieux

En 1674, Jésus apparut à une « jeune fille », Sainte Marguerite Marie Alacoque (1647-1690) qui était en adoration. Ce n’était pas la première fois que le Christ se manifestait à cette dernière en lui montrant son cœur. Lors de cette apparition, Jésus lui demanda de pratiquer l’« Heure Sainte » de réparation, toutes les nuits du jeudi au vendredi, de onze heures à minuit. À cette heure-ci, Jésus la ferait participer à la tristesse qu’il ressentit au Gethsémani.

La diffusion de cette pratique de piété dans le monde catholique resta étroitement liée à la ferveur que rencontra le Culte du Sacré-Cœur de Jésus au XVIIIème et XIXème siècle. L’Heure Sainte se base sur trois éléments principaux nous étant parvenus grâce à Marguerite Marie : la prière réparatrice, l’union avec Jésus souffrant au Gethsémani, les gestes d’humiliation.

En mai 1930, on célébra à Paray Le Monial les cent ans de la pratique de l’Heure Sainte. Invitée par l’Archiconfrérie de l’Heure Sainte, toute la communauté catholique se réunit pour célébrer l’Heure Sainte.

Le Custode Aurelio Marotta décida que cette pratique de piété devait être célébrée au Gethsémani, durant la nuit, à l’endroit même où Jésus réalisa son Heure Sainte. Trois ans plus tard, le 6 avril 1933, le jeudi précédent la Semaine Sainte, face au Rocher de l’Agonie à l’intérieur de la basilique du Gethsémani, le Custode Nazareno Jacopozzi institua canoniquement la Confrérie de l’Heure Sainte, affiliée à la confrérie mère, celle créée à Paray Le Monial.

La Confrérie attira immédiatement de nombreux membres (en l’espace d’un an, elle atteignit les 21 500 inscrits qui, au bout de trois ans, devinrent 92 482). Les personnes appartenant à cette confrérie étaient appelées à pratiquer l’Heure Sainte durant l’après-midi ou pendant la nuit de chaque jeudi à l’issue de laquelle les chrétiens recevaient l’indulgence plénière. Même la Messe chantée célébrée chaque jeudi par les frères franciscains était en suffrage des membres de la confrérie.

Aujourd’hui, la pratique de l’Heure Sainte face au Rocher de l’Agonie se perpétue institutionnellement tous les jeudis du mois, à 16 h 00. Par ailleurs, tous les pèlerins qui en font la demande, peuvent célébrer l’Heure Sainte au Gethsémani lors de leur pèlerinage en Terre Sainte.

L’Heure Sainte du Jeudi de la semaine de Pâques

Tous les ans, pour la veillée du Jeudi Saint, la communauté franciscaine se réunit à la communauté chrétienne locale ainsi qu’à tous les fidèles provenant de Jérusalem pour célébrer la Pâques, pour « veiller et prier » pendant une heure aux côtés de Jésus.

Les passages de l’Évangile sont lus en arabe, hébreu, allemand, anglais, français, espagnol, italien et dans de nombreuses autres langues, à l’endroit où Jésus, avant d’être capturé, transpira du sang et s’en remit à la volonté du Père ainsi qu’à son destin de souffrance et d’humiliation.

La célébration rappelle les trois moments clés de la Passion racontés par les Évangiles :

  • la pré-annonciation du reniement de Pierre (Mc 14,26-31 ; Lu 22,31-37) ;
  • l’agonie du Christ et sa prière dans le Jardin des Oliviers (Mt 26, 36-46 ; Mc 14,32-42 ; Lu 22, 39-46) ;
  • l’arrestation de Jésus par les gardes (Mt 26,47-56 ; Mc 14,43-52 ; Lu 22,47-54).

Au début de l’Heure Sainte, le Custode recouvre de pétales de roses rouges la pierre restée intacte et exposée face à l’autel ; puis, les fidèles s’agenouillent afin de l’embrasser. Les pétales rappellent les gouttes de sang transpirées par le Seigneur lors de cette nuit. La lecture des extraits de l’évangile est accompagnée de psaumes et prières. Les trois grands moments sont espacés par des moments de silence et de prière personnelle. À la fin de la célébration, tous les fidèles se prosternent, touchent et embrassent les rochers vénérés avant de partir en procession, le long de la vallée du Cédron, avec les flambeaux éclairés, vers l’église du Gallicante, l’endroit où se trouvait la maison du grand-prêtre Caïphe et là où Jésus fut transporté pour passer la nuit en prison.

https://www.horasancta.org/fr

 

vista romitaggio

L’Ermitage du Gethsémani permet de se retrouver pour prier avec soi-même, comme le fit Jésus, la nuit qu’il passa au Gethsémani lorsqu’ICI, plongé dans un rapport personnel entre lui seul et le Père. 

Dans cette compréhension du Lieu, nous invitons chaque pèlerin au respect délicat, à se laisser guider par la main du Seigneur, dont la parole se fait entendre encore de nos jours.

Pour cette raison, il va sans dire que l’Ermitage du Gethsémani a été créé dans le seul objectif de la prière et ne constitue pas une destination touristique, ni un hébergement pour un séjour en Terre Sainte. 

L’Ermitage accueille tout le monde : hommes et femmes, prêtres, religieux et laïques, dans le respect du cheminement de chacun.
 

Horaires d’ouverture et de fermeture du Sanctuaire du Gethsémani: 
Période estivale (avril-septembre) : 8 h00 – 18 h 00
Période hivernale (octobre-mars) : 8 h00 - 17 h 00

Horaires de la grotte de Gethsémani
Eté: 8h00 - 12h00 / 14h30 - 18h00
Hiver: de 8h00 à midi et de 14h30 à 17h00


Messes conventuelles
Tous les jours à 06h00 (en italien), dimanche à 07h00.
Tous les jeudis à 16 h 00 (en italien).
La messe du dimanche à 16 h 00 est suivie de l’adoration Eucharistique.


Heure Sainte officiée:
Du lundi au samedi à 20: 00-21: 00 - Heure Sainte Internationale à réserver à l'Office des pèlerins franciscains - FPO.
Tous les premiers jeudis du mois, à 20 h 30 aux flambeaux autour all'Orto sacré.


Fêtes et Célébrations tout au long de l’année :
Période du Carême : Deuxième semaine de Carême : Pèlerinage avec Messe solennelle
Semaine Sainte : Mercredi – Messe solennelle avec chant de la Passion ; Jeudi – Heure Sainte
Solennité du Sang du Christ – 1er juillet
Solennité de l’Assomption de la Bienheureuse Vierge Marie – 14/15 août


Pour la participation aux célébrations organisées sur ces lieux saints, il est nécessaire d’effectuer une réservation en contactant :

Franciscan Pilgrims' Office - FPO
tel: +972 2 6272697 E-mail: fpo@cicts.org

Groupes catholiques peuvent célébrer la messe ou l'Heure Sainte dans les cas suivants:
En semaine:
matin: 8:00-9:00 - 10:00-11:00
après-midi: 15h00-16h00 (hiver) 17h00 (été)

Dimanche et jours fériés:
matin: 9:00 - 10:00-11:00
après-midi 15h00 (hiver-été)


Les groupes catholiques peuvent célébrer la Sainte Messe et à l’Heure Sainte aux horaires suivants :

Le matin : 8 h 00 – 9 h 00 – 10 h 00 – 11 h00
L’après-midi : 15 h 00 – 16 h 00 – 17 h 00
Le soir : 19 h30 – 20 h 30
En été, horaire supplémentaire : 21 h 30

Les groupes de chaque confession chrétienne peuvent réserver leur participation à l’Heure Sainte.


Le service dans les lieux du Sanctuaire est assuré par la Communauté franciscaine du Gethsémani ; la présence continue d’un Frère au sein du Sanctuaire assure l’accueil et l’écoute des pèlerins. Un prêtre est toujours disponible pour le Sacrement de Réconciliation.
Une autre expression de la communauté du Gethsémani est l’Ermitage, situé à côté de la Basilique. Cet endroit, plongé au cœur d’un immense jardin, permet de prier dans la plus grande solitude, comme le fit Jésus et ce, pendant le temps jugé nécessaire par le pèlerin. Informations et réservations : 

GETHSEMANI COUVENT DE L'AGONIE

c/o FRERES FRANCISCAINES POB 19094
91190 Jérusalem – Israël
Tél : +972‐2‐6266444
Fax : +972‐2‐6261515

ERMITAGE DU GETHSEMANI

Tél : +972-2-6266430
Fax : +972-2-6260394
romitaggio@custodia.org

http://www.romitaggio.custodia.org/

Les lieux saints du Gethsémani sont ouverts à tous mais nous demandons respect et silence.
Les explications vous seront donc données à l’extérieur.